Renaud Lavillenie: « Je voulais rendre à mon sport ce qu’il m’a donné »

 

De gauche à droite: le journaliste Julien Le Coq, Renaud Lavillenie et les coproducteurs Stéphane Serré et Bruno Duvinage.

Le journaliste Julien Le Coq, Renaud Lavillenie et les coproducteurs Stéphane Serré et Bruno Duvinage.

 

Le cinéma Les Ambiances projetait en avant-première le documentaire clermontois Lavillenie l’affranchi, qui retrace la trajectoire exceptionnelle du détenteur du record du monde de saut à la perche. Cine63 a recueilli les commentaires de l’athlète au sujet du film, qui sera diffusé en août prochain sur France 2.

Les mains sont barbouillées de talc. Elles se saisissent fermement de la perche. Tout est prêt. Lavillenie lève vers son objectif un regard acéré.  Il s’élance…  « On a mis quelques secondes à comprendre. Et on a réalisé qu’il l’avait fait. Magique !  »

Sa compagne, Anaïs Poumarat, a du mal à trouver les mots. Durant ces intenses premières secondes de film, la jeune perchiste recueille ses souvenirs du 15 février 2014, jour historique où le Clermontois fit « tomber la légende Bubka ». Quelques heures plus tôt, Renaud Lavillenie observait la statue du « Tsar » à Donetsk…  Comme en défi.  Avant de la prendre en photo.

Il s’est affranchi en construisant sa propre technique de saut

Un à un, ils défilent sur l’écran: ses parents, sa sœur Bénédicte, son frère Valentin, ses grands-parents, ses entraîneurs. Jean Galfione, Thierry Vigneron, Stéphane Diagana. Sergueï Bubka… Tous racontent « leur » Renaud. Celui qu’ils entrevoient. Ce qu’ils captent de lui. Son ascension dans les airs et dans le palmarès, de Cognac à Clermont-Ferrand jusqu’à l’Ukraine. Sa rage de gagne. Comment, avant d’installer un sautoir dans son jardin, il s’élançait de la salle à manger la perche à la main pour la planter sur la terrasse et atterrir dans la piscine…

Et surtout, sa façon d’envoyer péter tout son monde en déjouant les pronostics et toutes les analyses. « Il n’était pas du tout fait pour devenir champion olympique, confirme Bruno Duvinage, coréalisateur de Lavillenie l’affranchi. Ce n’était pas une armoire à glace, comme les autres. Personne ne l’a vu venir ».

Renaud a entrevu l'univers de la perche dès la sortie de la maternité...

Renaud a entrevu l’univers de la perche dès la sortie de la maternité et s’y est agrippé… Crédit: DR.

Les images montrent Renaud chez lui, installé devant sa télévision. Il y découvre en même temps que le spectateur le résultat de ces deux ans et demi de tournage. Jusqu’aux dernières secondes du film, il ne dira rien. Il a un large sourire lorsque les vieux films de famille le montrent tout gamin, jouant au commentateur sportif. Son regard brille devant les JO londoniens. Puis face à son grand-père, les larmes aux yeux au souvenir de la Marseillaise. Ses mâchoires se crispent lorsqu’il revit son « échec » aux Championnats du monde de Moscou, alors qu’il venait d’essuyer les larmes de son jeune frère Valentin, également perchiste et recalé lors de cette même compétition.

« C’est un portrait en creux, admettent les auteurs. L’idée était de faire parler son entourage pour essayer de le comprendre, parce-que Renaud est quelqu’un de très secret. Même s’ il nous a donné son accord tout de suite pour ce projet ».

Son parcours atypique va inspirer la nouvelle génération

 

A la fin du film, nous voyons Lavillenie regarder, dans ce jeu de mise en abyme, les dernières minutes du documentaire. Il lâche alors avec un sourire: «  je me reconnais complètement. C’est exactement ça. Il n’y a rien à ajouter !  »

Julien Le Coq et Renaud Lavillenie à l'issue de la séance. Les Ambiances avaient organisé  trois projections à la suite au vu du nombre considérable de réservations.

Julien Le Coq et Renaud Lavillenie à l’issue de la séance. Les Ambiances avaient organisé trois projections à la suite au vu du nombre considérable de réservations.

 

Lavillenie l’affranchi a été porté par une équipe entièrement locale: Julien Le Coq, journaliste à France 3 Auvergne, Bruno Duvinage et Stéphane Serré, de la société clermontoise Anaïs Productions. Ils n’avaient d’abord obtenu aucune réponse positive des chaînes télévisées. Mais Londres et Donetsk sont passés par là : dans trois mois, France 2 diffusera leur bébé, à la veille du concours de saut à la perche lors des Championnats d’Europe d’athlétisme. Belle revanche…

Lavillenie l’affranchi, le samedi 24 mai à 15h20 sur France 3 Auvergne, et le vendredi 15 août à 18 heures sur France 2 (horaire à confirmer).

 

Retrouvez ici la réaction de Renaud Lavillenie juste après la projection :

Crédit: DR.

Crédit: Anaïs Productions.

 

Les auteurs et le perchiste devant le sautoir aménagé dans son jardin.

Les auteurs et le perchiste devant le sautoir aménagé dans son jardin. Crédit: Anaïs Productions.

 

Teaser du documentaire :

 

Laisser un commentaire

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>