Ken Loach: le clap de fin?

Ken Loach (à droite), sur le tournage de son dernier film, Jimmy's Hall. (© Joss Barratt/Sixteen Films Why Not Productions)

Ken Loach (à droite), sur le tournage de son dernier film, Jimmy’s Hall. (© Joss Barratt/Sixteen Films Why Not Productions)

Il ne l’a pas confirmé officiellement, mais c’est dans l’air. Le réalisateur britannique Ken Loach, sélectionné au festival de Cannes, devrait mettre un terme  à sa belle carrière cinématographique. Il la clôt ainsi qu’ il l’a toujours menée :  sur un film engagé et profondément humain.

 

L’Irlande avait porté chance à Ken Loach, en 2006, alors qu’il remportait la Palme d’Or pour Le vent se lève.  Elle lui a soufflé une nouvelle œuvre romanesque et dramatique, puisée dans l’Histoire de ce pays tourmenté: Jimmy’s Hall, sélectionné en compétition officielle à Cannes. Et selon toutes vraisemblances, le dernier film de fiction pour le cinéaste de 77 ans aux prises de position bien connues, marquées par un engagement résolument à gauche. Family life,  Raining stones, Sweet sixteen, Bread and roses… Jusqu’à Looking for Eric, au ton plus léger et optimiste: tout au long de ses 50 ans de carrière, Ken Loach a restitué le climat social de l’époque et raconté les personnages cabossés.

Simone Kirby et Barry Ward dans Jimmy's Hall. (© Joss Barratt/Sixteen Films Why Not Productions).

Simone Kirby et Barry Ward dans Jimmy’s Hall.
(© Joss Barratt/Sixteen Films Why Not Productions).

 

Les blessures irlandaises l’ont d’abord inspiré dans Le vent se lève, où il mettait en scène l’existence de deux frères partis combattre la domination anglaise durant les années 20. A la même époque vivait alors Jimmy Gralton, leader communiste irlandais. C’est l’histoire de cette figure politique que dépeint Ken Loach aujourd’hui. Jimmy revient au pays après dix ans d’exil aux Etats-Unis. Il va rouvrir le Pearse-Connolly Hall, sorte de foyer où les habitants  se rendaient pour étudier, discuter et danser. L’endroit va cristalliser les craintes et la méfiance d’une partie de la population du comté, et en particulier des ecclésiastiques, envers le comportement et les idées de Gralton, qui sera expulsé d’Irlande en 1933…

Bande-annonce

Jimmy’s Hall sortira en juillet prochain. D’ici là, une seconde Palme d’Or sera peut-être venue couronner le travail de Ken Loach. Ou un prix d’interprétation remis à Barry Ward, très prometteur dans la peau de l’homme politique, au regard des quelques extraits du film. Il serait étonnant, en tout cas, que Jimmy s’en retourne les mains vides…

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