Le loup de Wall Street

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Jordan Belfort a réussi. Par réussite, comprenez: gagner un max de pognon jusqu’à la nausée, le plus vite et le plus facilement possible. Voici le loup de Wall Street: un trader multi millionnaire sans scrupule, sans morale, sans état d’âme, dont l’autobiographie a inspiré l’idée du film à son interprète Leonardo Dicaprio.

L’idée était intéressante, sauf que Martin Scorcese nous montre la vie d’excès et de débauche de son personnage en long en large et en travers. Trois heures obscènes sur une vie obscène où le réalisateur se complaît dans l’étalage des mêmes scènes inutiles: le fric, les putes, la drogue. En boucle. Si le but était d’écoeurer, c’est réussi. S’il était de nous provoquer ou de nous faire réfléchir, c’est raté. Parce-que l’on ne comprend tout simplement pas où le cinéaste veut en venir. Est-ce un biopic? Pas vraiment, puisque le film ne creuse à aucun moment la psychologie de son personnage, délibérément inhumain et sans aspérités. Est-ce une plongée dans le monde de la finance? Non plus. Tout ce déballage malsain est trop caricatural pour qu’on y apprenne quoique ce soit…

On sort alors de ce film déprimé et mal à l’aise. Peut-être parce-qu’il nous encourage subtilement à adopter cette mentalité sans foi ni loi. Pourquoi se gêner après tout? On a largement le temps de s’éclater avant de passer par la case prison! Ou plutôt la cage dorée pour détenus friqués…  Et en dépit de sa condamnation, Jordan Belfort gagnera ensuite sa vie sur le dos de centaines de personnes admiratives venues lui demander conseil…  Le cynisme est roi, l’ennui total. Un film à l’image de la vie de son héros: orgiaque et vide de sens.

 

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Crédits: Metropolitan Filmexport.

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