Réjane Ruby: le cinéma, pas à pas…

"Nosce te ipsum" évoque la quête intérieure d'un homme prisonnier de lui-même. Photo: Valentin Uta.

Nosce te ipsum évoque la quête intérieure d’un homme prisonnier de lui-même. Photo: Valentin Uta.

 

De la passion, des connaissances, le sens de la débrouille : voilà comment, à 20 ans, Réjane a pu mener à bien la réalisation d’un de ses tous premiers courts-métrages, déjà remarqué aux Off de Cannes. Rencontre.

On le sait, la valeur n’attend pas le nombre des années. Cela n’empêche pas pour autant de varier les plaisirs : être passionnée (et licenciée) de physique fondamentale tout en se destinant au cinéma.

Ainsi Réjane Ruby, 20 ans, ne s’est pas laissé décourager par le manque de moyens financiers et humains qui ont prévalu à la réalisation de son second court-métrage, Nosce te ipsum. « Connais-toi toi même », la fameuse exhortation du fronton du temple de Delphes, trouve écho dans l’œuvre de cette jeune femme au travers de l’introspection d’Arthur, héros unique de ce huis-clos de quinze minutes.

Prisonnier d’un mystérieux bâtiment, errant de salle en salle où il rencontre des doubles de lui-même, le jeune homme poursuit ainsi une quête intérieure en allant à la rencontre des différentes facettes de sa personnalité. L’art étant un moyen privilégié de parvenir à son équilibre… « Dans le même temps, je voulais aussi dépasser ce mythe de l’artiste incompris, qui vit dans son monde, tel qu’il est représenté justement dans le film, enfermé et totalement isolé, commente Réjane. Au bout du compte, ça finit par le détruire ».

Prix coup de coeur aux Off de Cannes

Malgré son jeune âge, Réjane a déjà commencé à poser des jalons dans le milieu cinématographique : auteur d’un premier court-métrage expérimental en 2010, elle est également membre, en 2011, du jury jeune national au Festival International du court-métrage de Clermont.

Pour Nosce te ipsum, l’étudiante auvergnate a pu bénéficier de l’appui de Vidéoformes et de l’Ecole Nationale d’Architecture pour le prêt de locaux, et a également fait appel à un réseau d’artistes et de techniciens, professionnels ou semi-professionnels : « cela s’est fait par relations, de fil en aiguille. Puis chacun est venu avec son matériel. Lorsque les procédés de réalisation étaient trop chers, on avait recours au système D ».

Quinze jours de tournage à la limite de l’improvisation qui ont porté leurs fruits, puisque la jeune femme vient de remporter pour son œuvre le Prix Coup de cœur du jury parmi les court-métrages aux Off de Cannes (manifestation se déroulant en parallèle du célèbre festival, et qui récompense les « talents de demain »). Un bon départ pour Nosce te ipsum, qui poursuit pour l’heure sa tournée des festivals français et étrangers, avant, peut-être, sa mise en ligne sur Internet.

 

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