Le magasin des suicides

 

MAGASIN SUICIDE

La vie ne vaut rien. Elle est dure, injuste, désespérante. Autant sauter le pas. Dans une ville presque comme les autres, les habitants ont fait du suicide un sport local. Il pleut des hommes et des femmes depuis le toit des immeubles. L’un se fait exploser le caisson, l’autre se passe la corde au cou. Une charmante petite boutique profite cyniquement de la manne : celle de la famille Tuvache, véritable pousse-au-crime qui propose, pêle-mêle, poisons, revolvers, lames de rasoir et autres joyeusetés. Qualité garantie, décès assuré au premier coup. Oui mais voilà, la vie est têtue. Et elle fait son apparition ironiquement au cœur même de la famille, quand vient au monde le petit dernier : au lieu de pleurer, le nouveau-né se met à rire. Ça commence mal… Allan se révèle la joie de vivre incarnée, le ver dans le fruit !

Patrice Leconte s’essaye pour la première fois à l’animation. En l’occurrence, pas un dessin animé pour tout-petits ! Et c’est peut-être ce qui pèche dans « Le magasin des suicides » : son réalisateur semble hésiter constamment entre un public adulte et enfantin. Le propos apparaîtra sans doute trop simpliste et mièvre pour les premiers, trop sérieux et ambigu pour les seconds. Leconte balance entre chansons sucrées et humour noir et choisit une fin téléphonée, éloignée de celle du roman de Jean Teulé. En revanche, coup de chapeau pour la beauté du graphisme et des couleurs : inutile dès lors d’opter pour la 3D, elle en massacrera la poésie…

 MAGASIN SUICIDE.2
Crédits: Diabolo Films / Régis Vidal & Florian Thouret

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