Leïla Bekhti: « je voulais un personnage plein de failles»

Seul le boulot réunit le père et sa fille...

Seul le boulot réunit le père et sa fille…

 

Roschdy Zem, Leïla Bekhti, Pierre Jolivet : un trio de choc qui a donné naissance à Mains armées, polar efficace et sensible autour de la relation conflictuelle entre un père et sa fille. Rencontre à l’avant-première parisienne…

« On peut se tutoyer ? » demande brusquement Leïla Bekhti au milieu de la conversation. Quelques minutes plus tôt, la comédienne de 28 ans avait fait son apparition, en jean et T-shirt, un sourire presque timide aux lèvres, aux côtés de Roschdy Zem et du réalisateur Pierre Jolivet.

Depuis quinze jours, la jeune femme assure, en toute simplicité, la promo de Mains armées. Le premier polar de la comédienne. Un genre qui ne la séduisait pas a priori : « j’en avais très peur. Le rôle de flic me galvanisait mais je craignais que le « côté polar » ne prenne le pas sur tout le reste, en particulier le lien filial. Mais cela n’a pas été le cas. La façon dont l’histoire est amenée est très intelligente. Et j’ai aimé le personnage de Maya. L’idée qu’elle soit pleine de doutes et de failles. Qu’on ne l’excuse pas toujours, même si elle a des circonstances atténuantes. »

 

 

Leïla Bekhti incarne une jeune femme blessée et sur le fil.

Leïla Bekhti incarne une jeune femme blessée et sur le fil.

 

L’héroïne de Tout ce qui brille, La source des femmes, Une vie meilleure,  se glisse ici dans la peau d’une « fliquette » de la brigade des stups, tourmentée par l’absence d’un père qui l’a abandonnée.
Incarné par Roschdy Zem, ce dernier, également policier, lutte contre les trafics d’armes à Marseille. Leurs trajectoires respectives finissent par se télescoper : « j’ai joué beaucoup de rôles de flics (1), reconnaît l’acteur d’un ton posé en sirotant un café. Mais ils étaient toujours prétexte à des rôles « d’homme ». Dans Mains armées, la filiation est la clef de voûte du film. Cet homme arrive à un âge critique, où l’on se rend compte que le temps qui reste à vivre est plus court que celui que l’on a déjà vécu. Il essaye alors de réparer ce qui est réparable afin de vivre les prochaines années plus sereinement… Cet angle m’a d’autant plus intéressé qu’il est difficile aujourd’hui d’être inventif au cinéma! »

 Je donne mes yeux au réalisateur 

Pierre Jolivet, le metteur en scène, abonde dans ce sens : « j’avais envie de sortir des codes. On voit tellement de polars partout que l’on ne sait plus quoi raconter sur le sujet. C’est presque suicidaire d’en tenter un. C’est pourquoi on a essayé de monter une dramaturgie autour de l’histoire, d’y apporter du lyrisme, du glamour. Le trafic d’armes et la nouvelle délinquance serbe, actuellement un vrai fléau par sa violence et son cynisme absolus, avaient également été très peu traités au cinéma ».

 

 

Marc Lavoine interprète à merveille le patron manipulateur de Maya...

Marc Lavoine interprète à merveille le patron manipulateur de Maya…

Ce film sonne en outre les retrouvailles de Pierre Jolivet avec Roschdy Zem, qu’il avait déjà dirigé dans cinq de ses films, et celles du comédien avec Leïla Bekhti, qu’il avait fait découvrir dans son premier film en tant que réalisateur, Mauvaise foi.

« Ma rencontre avec Pierre a été déterminante, confie la jeune femme. Pour moi, les metteurs en scène sont comme des pays : à chaque fois, j’ai l’impression de voyager. Je leur donne mes yeux : le réalisateur est mon miroir pendant huit semaines. Cela m’enlève mes doutes ».
En partie, du moins : « avec ce rôle, j’avais toujours le risque de me casser la figure. Mais je préférais cela à trop de sécurité « .

On peut dire en tout cas que la prise de risque réussit à la jeune comédienne…

(1) 36 quai des Orfèvres, Le petit lieutenant , Une nuit

Lire la critique ici

Crédits: Mars Distribution.

 

 

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