Laetitia Casta : l’aventure 3D en Auvergne

Suzanne est en proie à des visions. Mais s'agit-il vraiment de son imagination ? (Photo: Bac Films)

Suzanne est en proie à des visions. Mais s’agit-il vraiment de son imagination ? (Photo: Bac Films)

 

Qui eut cru que le premier film français en 3D serait tourné en partie en Auvergne? Derrière les murs, premier long-métrage de Pascal Sid et Julien Lacombe, sort la semaine prochaine sur les écrans, avec pour héroïne une Laetitia Casta à contre-emploi. Rencontre avec les réalisateurs.

Auvergne, 1922. Suzanne, une romancière parisienne, décide de s’isoler à la campagne pour y écrire son prochain livre. Mais le manoir où elle élit domicile devient le théâtre de manifestations cauchemardesques. Hallucinations d’une femme névrosée et tourmentée par son passé, ou réalité?…

Le parti pris de Derrière les murs peut d’abord dérouter : un film horrifico-fantastique dans la campagne des années 20, le tout en 3D : qu’est-ce donc que cet ovni ?

« Nous avions envie de tourner un film fantastique, genre dans lequel nous avons baigné et qui nous a beaucoup influencés, tout comme la littérature fantastique du XIXème siècle, racontent les réalisateurs/scénaristes parisiens, Julien Lacombe et Pascal Sid. Quant à la 3D, on la considère comme un outil de création qui peut s’appliquer à tous les genres : films d’auteur, de costumes ou science-fiction… On ne doit pas forcément l’associer au moderne ou au spectaculaire ».

 

"Blassac est le seul endroit que nous ayons visité qui n'ait pas été pollué par la modernité", affirment les réalisateurs.

« Blassac est le seul endroit que nous ayons visité qui n’ait pas été pollué par la modernité » affirment les réalisateurs.

Le choix du lieu de l’action s’est très vite porté sur l’Auvergne, afin de rendre au mieux l’effet d’isolement voulu par les metteurs en scène : « Blassac, en Haute-Loire, est le seul village que nous ayons visité et qui ne soit pas pollué par la modernité : il a fait un effort particulier pour rester en l’état, notamment en enterrant ses lignes électriques ».

Une lecture plus psychologique du fantastique

Mais si tous les extérieurs et quelques intérieurs ont été tournés dans la région, en revanche de nombreuses scènes se sont réalisées en Poitou-Charente, dont celles se déroulant dans le manoir où réside Suzanne…
« Toutes les maisons que nous avons visitées en Auvergne devaient être réaménagées, ce qui aurait coûté beaucoup trop cher ». D’autant que le film souffrait du budget de la 3D, (entre 20 et 30% de plus qu’un film classique), et a coûté, malgré une économie de moyens dans les décors et les personnages, la somme de 4 millions d’euros (avec une aide de la Région).

 

La retraite de l'écrivain va vite tourner au cauchemar. Photo: Bac Films.

La retraite de l’écrivain va vite tourner au cauchemar. Photo: Bac Films.

 

Remplaçant au pied levé Amira Casar, Laetitia Casta, quant à elle, n’a eu que quelques jours pour trouver ses marques : « elle a été tout de suite séduite par le scénario. Je crois que ce rôle de femme, perdue et bouleversante, la changeait de ceux de femmes fatales qu’on lui propose habituellement. C’est quelqu’un d’extrêmement simple, qui nous a tout de suite fait forte impression dans son implication et sa façon de nourrir le personnage. Cela nous a permis de proposer une lecture plus psychologique et humaine du fantastique ».

Un genre que les réalisateurs exploiteront dans leur prochain film, qui devrait se tourner en Corrèze. Pour un thème également déjà abordé au cinéma : le voyage dans le temps…

Notre avis

Depuis Avatar, difficile d’échapper à la 3D…  En l’occurrence, avec Derrière les murs, on se demande si l’emploi de cette dernière est justifiée (le film fonctionne tout aussi bien sans) et ne constitue pas un coup publicitaire. Si les comédiens se révèlent convaincants – Laetitia Casta la première – le scénario pèche gravement par son manque d’originalité : une femme en proie à ses démons qui trouve refuge dans l’alcool, la méfiance grandissante du village pour l’étrangère, des apparitions angoissantes…  Difficile de ne pas penser au film Les autres d’Alejandro Amenabar, à certains moments de l’histoire. En beaucoup moins bien…

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