Romain Goupil remonte au créneau

 

Romain Goupil adopte le point de vue des enfants. "Le film est instinctif, il ne raisonne pas".

Pour cette histoire d’expulsion de sans-papiers, Romain Goupil a adopté le point de vue des enfants. « Le film est instinctif, il ne raisonne pas ».

 

 

Auteur des films Mourir à trente ans, A mort la mort ou encore du documentaire Contre l’oubli, Romain Goupil était à Clermont à l’occasion de la sortie de son film Les mains en l’air. Le sujet : l’expulsion des enfants sans-papiers.

C’est par une pluie battante qu’il nous rejoint au café, face aux Ambiances, où il doit bientôt rencontrer le public. « Au moins, c’est un temps pour aller au cinéma ! » commente Romain Goupil avant de s’attabler…

Retour au film: en 2069, Milana se souvient de son séjour en France en 2009, alors qu’elle avait 11 ans, et de la menace dont elle faisait l’objet, elle et sa famille en situation irrégulière. Sa bande de copains, solidaire et débrouillarde, lui vient alors en aide.

« L’idée des Mains en l’air m’est venue au cours d’une discussion avec une amie, explique Romain Goupil. Elle avait adopté un enfant vietnamien dont le meilleur copain et un autre de ses camarades sans-papiers se sont vu retirés de l’école du jour au lendemain, car ils étaient en danger. Il est rentré chez lui en demandant à sa mère : « Maman c’est quand mon tour ? » C’est dire s’il se sentait stigmatisé, coupable de quelque-chose.

A partir de là, quand on tente d’expliquer à un enfant pourquoi un tel peut rester et un autre non, c’est très compliqué. Tout ce qu’on peut leur dire, c’est qu’un adulte peut parfois avoir tort : alors que l’on devrait protéger d’autant plus un enfant en situation de fragilité, qui a souvent vécu des choses épouvantables dans son pays, voilà que par un décret incroyable, on décide de l’expulser… »

Je cherchais une mère virulente. Valéria Bruni-Tedeschi a été d’accord tout de suite

Bien connu pour ses prises de position politiques et sociales, Romain Goupil ne déroge donc pas ici à la règle. Les mains en l’air prend délibérément le parti d’adopter le point de vue de Milana et de ses copains en plongeant au cœur de leur univers.

« Les enfants sont capables de s’inventer un monde à partir de trois fois rien, hors des choses rationnelles et explicables. Le film suit cette même logique : il est instinctif, ne raisonne pas », poursuit l’acteur/réalisateur.

Le personnage de Cendrine, (interprétée par Valeria Bruni-Tedeschi) qui recueille la jeune Milana chez elle, demeure à cet égard la seule adulte montrée régulièrement à l’écran, « car du côté des enfants », presque plus à l’aise dans leur monde que dans celui de son frère ou de son mari.

GOUPIL

 

« Je cherchais une mère virulente, qui incarne quelque-chose. Valeria est très engagée et elle a été d’accord très vite. Mais entre-temps, il y a eu un problème. Elle m’a raconté que sa sœur Carla Bruni était tombée amoureuse. Quand j’ai appris que c’était de Nicolas Sarkozy, le projet est resté en stand-by pendant deux mois. Puis à la fin, on s’est dit : « mince, ce n’est quand même pas de notre faute ! » D’autant que le projet plaisait à Valeria et que c’était elle que je voulais. Alors on s’est lancé ».

Pour ses futures réalisations, Romain Goupil hésite seulement entre documentaire et fiction. Le sujet, lui, se dessine nettement mieux : « les salaires mirobolants des hommes politiques et des footballeurs, et la façon dont 80% des gens l’acceptent, et en sont même admiratifs. Ça me paraît vraiment incroyable ».

Crédit: Les Films du Losange.

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