Bruno Solo: « c’est à la télé que j’ai eu mes rôles les plus intéressants »

 

"J’ai toujours été passionné d’Histoire. J’en ai appris encore plus sur Mendes France en travaillant avec Laurent Heynemann. C’est un érudit extraordinaire ! »

« J’ai toujours été passionné d’Histoire. J’en ai appris encore plus sur Mendès France en travaillant avec Laurent Heynemann. C’est un érudit extraordinaire ! »

Un acteur populaire, un réalisateur de renom, un sujet fort. Tourné actuellement en Auvergne, Le pire des crimes revient sur un épisode décisif de la vie de Pierre Mendès France. Rencontre avec son interprète, Bruno Solo.

Des techniciens qui s’affairent, des femmes en costumes d’époque, des câbles dans tous les coins… Un silence de rigueur : dans la pièce voisine, le réalisateur Laurent Heynemann achève une dernière prise avant la pause déjeuner. Enfin, la porte s’ouvre : Bruno Solo, cheveux plaqués en arrière et costume d’aviateur, sort de la salle du tribunal de Riom en compagnie de l’équipe.

L’interprète de La Vérité si je mens, Caméra café et de Jet set, change de registre pour incarner Pierre Mendès France, rôle titre du téléfilm Le pire des crimes. (1) « C’était un honneur pour moi de jouer un tel rôle », confie le comédien en attaquant son déjeuner, sous la tente où s’est réunie toute l’équipe. « C’était un type à part dans l’Histoire de France. Il était d’une intégrité intellectuelle et d’un courage physique et moral… »

Arrêté sous prétexte de désertion en mai 1941, Pierre Mendès France est condamné à six ans de prison par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand. Après son évasion, il s’engage en résistance aux côtés du général de Gaulle : « les dés étaient pipés au cours de ce procès, poursuit Bruno Solo. Il régnait déjà un antisémitisme très fort de la part de l’extrême droite, et il a senti très vite que c’était un procès en juiverie. Le film retrace le moment où il est jugé et s’achève au moment où il s’envole de Lisbonne pour gagner Londres ».

Un homme à part dans l’Histoire de France

Regard perçant, voix gouailleuse, Bruno Solo jongle sans cesse entre sérieux et plaisanteries. Mais il ne prend pas son travail à la légère. « Je travaille beaucoup en amont. Comme mon père, j’ai toujours été passionné d’Histoire. Je savais donc pas mal de choses sur Mendès France : j’en ai appris encore plus depuis, notamment en travaillant avec Laurent Heynemann. C’est un érudit extraordinaire et un réalisateur prestigieux ! »

Pour l’équipe, les étapes auvergnates se sont succédé tout le mois de mars: Clermont-Ferrand pour le tournage de l’incarcération (dans une prison désaffectée du 92ème RI), Vichy pour des scènes de flash-back (dans l’hôtel où s’est tourné Bon voyage de Jean-Paul Rappeneau), ou encore Châtel-Guyon : « nous y avons joué le quartier militaire de l’armée de l’air de Rabat. Le décor des anciennes thermes, la mosaïque, pouvaient laisser penser qu’on était au Maroc. Dehors il y avait une tempête de neige alors qu’en juin 40, c’était un des étés les plus caniculaires de France ! On a joué sur les éclairages, pour donner l’impression qu’il faisait très chaud. C’est la magie du cinéma… »

 

Autre cadeau de la télé pour Bruno Solo : Caméra café, diffusé sur M6 et adapté notamment dans Le séminaire. Crédit: TFM Distribution.

Autre cadeau de la télé pour Bruno Solo : Caméra café, diffusé sur M6 et adapté notamment dans Le séminaire. Crédit: TFM Distribution.

 

Un cinéma qui offre au comédien de jolies places dans les films grand public, avec la sortie en août prochain de la comédie d’aventure 600 kg d’or pur ou encore le tournage de La vérité si je mens 3.
« Un film sur Mendès France n’aurait pas pu se faire pour le cinéma, concède Bruno Solo. Les producteurs auraient eu peur de ne pas faire d’entrées. La télé prend plus de risques : c’est d’ailleurs avec elle que j’ai eu mes rôles les plus intéressants… »

La pause déjeuner s’achève. Direction le raccord maquillage : cet après-midi, le verdict tombe pour Mendès France.

(1) Le Pire des crimes a par la suite été renommé Accusé Mendès France. Le casting réunit également Jacques Spiesser, Didier Bénureau et Jean-Claude Dauphin.

 

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